Pinnacles National Monument
9 octobre 2010
Ce matin on a quitté la région de King City (qui porte le nom de son fondateur, rien à voir avec un roi). C’est une zone agricole qui offre des champs de broccoli, de choux de Bruxelles et d’asperges à perte de vue.
Le paysage a été vite remplacé par de grands espaces avec d’immenses champs d’herbes sèches où paissait le bétail. Il n’y a pas vraiment de fermes, seulement des ranchs, qui sont des domaines immenses dont on devine les limites de par les barrières qui longent les routes. Il n’y a aucun espace en libre accès, tout est propriété privée. Les habitations des ranchs sont soit invisibles car loin de la route, soit de simples cabanes ou sortes de bungalows. Quel contraste avec la Norvège! Les batiments agricoles sont pratiquement inexistants, il y a juste des abris pour faire de l’ombre aux bêtes. Les bottes de paille sont entassées dehors puisqu’il ne pleut pratiquement jamais. On voit parfois quelques vignes, beaucoup de bétail et c’est tout. L’immensité jaune.


Après une demie heure de route, on arrive au parc national de Pinnacle. Notre sortie du jour aurait plu à tous nos amis adeptes de randonnées en montagne, de géologie et de spéléologie. En effet, après quelques jours de tourisme assez relax, une journée avec un peu plus d’efforts nous fera du bien avant de reprendre l’avion demain. Après avoir payé l’entrée au parc et roulé sur une jolie route dans les bois, nous voici arrivés au parking, point de départ des balades. Nous allons faire le tour des hauts pics du Pinnacle, un circuit de 10 km environ.

On entame la montée sur le “côteau des faucons”, bien présents dans les parages. Il fait déjà très chaud à 11h, bien que nous soyons au mois d’octobre: 30 degrés et plein soleil. Nous avons pris nos précautions et misé sur la crème solaire, les chapeaux et les lunettes. La montée est dure, surtout pour Iseline qui a chaud et (déjà) faim. La nature est très aride, il n’y a aucune herbe verte, surtout des buissons et des pins.

À un tiers du chemin, on fait une pause casse-croûte à l’ombre en profitant d’une vue très dégagée sur la région qui apparait comme presque désertique par endroits.


Après un travail de motivation intense pour empêcher Iseline de redescendre toute seule (“De toute facon, je suis grande!”), on reprend notre chemin.

On est maintenant sur le haut du massif, et on contourne de nombreux pics de formes bizarres. Le paysage est magnifique, la végétation colorée malgré l’aridité, c’est un vrai bonheur. Par moment, on doit escalader un peu, emprunter des ponts, des marches ou des tunnels. Le sentier est très bien aménagé tout en restant un peu sauvage. On rencontre des promeneurs, mais tout le monde ne fait pas le même circuit, ou bien ils le font dans l’autre sens, de sorte qu’on ne se gêne pas.

Ce massif se trouve juste sur la faille de San Andreas à la limite de la plaque pacifique et de la plaque nord-américaine, et est un excellent exemple du mouvement des plaques tectoniques. Les rochers Pinnacles sont soupçonnés de faire partie du volcan Neenach qui a eu une eruption il y a environ 23 millions d’années près de l’actuelle ville de Lancaster, en Californie, à quelques 314 km au sud-est. La faille géante de San Andreas a divisé le volcan et la plaque du Pacifique glissa vers le nord, portant les Pinnacles. Le travail de l’eau et du vent sur ces roches volcaniques érodables a formé les structures rocheuses insolites vues aujourd’hui.





La descente est évidement plus facile et plus motivante, et on profite encore de superbes vues sur les pics.

On a une vue impressionante sur une coulée de lave encore très visible.

On s’approche d’un petit barrage qui marque l’entrée d’un système de grottes. Ce ne sont en fait pas des grottes à proprement parler, puisqu’il s’agit d’une gorge profonde qui a été comblée de blocs de pierre lors d’un éboulement majeur. On peut marcher sous ces blocs de pierre où les interstices forment des grottes. Le réseau s’étend sur un 1 km et permet de ressortir plus bas dans le vallon. On était équipés de lampes de poches et tout le monde a adoré ce passage.


De retour à la voiture, un petit casse croûte avant de prendre la route pour San Francisco, où on va dormir dans un hotel près de l’aéroport.




